article dans l'entreprise romande.

Article dans l'Entreprise Romande

Nombreuses sont les entreprises qui encouragent le travail en équipe


D'après le baromètre de Randstad, qui fournit des prestations de recrutement du personnel pour les entreprises et les demandeurs d'emploi, la collaboration entre collègues gagne du terrain partout dans le monde, puisque près de deux tiers des employés consacrent plus de temps à travailler en groupe qu'il y a cinq ans. En Suisse romande, quelques exemples récents montrent que cette tendance se confirme dans la vie quotidienne de l'entreprise.

 

FLAVIA GIOVANNELLI 

Fin octobre dernier, Merck Serono, la division biopharmaceutique de Merck, a inauguré à Aubonne un centre d'expertise ultra-moderne, groupant la direction de ses affaires industrielles et le siège de son unité Biosimilaires. Le constat est ainsi fait: le groupe pharmaceutique, qui avait traumatisé Genève par son départ en 2012, continue d'investir en Suisse romande. l était tout aussi intéressant de découvrir, lors d'une visite que l'entreprise a organisée en ses locaux, comment les scientifiques et les experts de haut vol y travaillent. D'un coût de 8,5 millions defrancs, le nouveau bâtiment administratif se veut respectueux de l'environnement grâce aux normes Minergie auxquelles il répond. C'est surtout à l'intérieur que son architecture audacieuse surprend. Ainsi, les collaborateurs, qui seront environ deux cent quatre-vingts d'ici à la fin de l'année, n'ont pas de place attribuée. Il est prévu des espaces individuels et d'autres communs. Chaque soir, en partant, chacun peut laisser dans un casier, comme dans un club de fitness, tout ce qui a trait à son environnement de travail spécifique. Pourquoi ce choix? «Nous avons voulu créer un environnement de travail dynamique, qui favorise l'échange et la collaboration. De cette manière, les échanges entre les collaborateurs sont plus rapides et plus efficaces», explique Thierry Hulot, président de Merck Serono Suisse. «Chacun est libre de choisir chaque jour sa place de travail, de manière à pouvoir se regrouper avec l'équipe avec laquelle il doit échanger.»

 

Tendance dominante
Tout est effectivement très modulable. Au cours de la visite, on longe une allée intérieure avec des sortes de compartiments, comme dans un train, mais égayés par des parois de couleurs vives, qui permettent une certaine intimité. Ce choix de configuration est aussi dicté par des motifs de rentabilité, même si ce n'est pas dit de manière aussi directe. «La présence des employés dans ce nouveau bâtiment est de l'ordre de 60% de leur temps de travail, ce qui permet d'optimiser l'espace et d'accueillir un plus grand nombre de collaborateurs», confirme Thierry Hulot. Une décision prise après de longues discussions avec les collaborateurs, de manière à pouvoir intégrer leur avis. Quelques semaines près cette nouvelle installation, la direction juge les résultats impressionnants: tout le monde y aurait gagné en efficacité, en temps et en qualité d'échanges. Est-ce le domaine d'activité qui s'avère particulièrement propice à cette manière de travailler? Certes, celle-ci ne se transpose pas là où une relation avec un client impose la confidentialité ou dans les professions solitaires, où la concentration est primordiale. Mais comme le montre le baromètre de Randstad, le travail collaboratif gagne du terrain un peu partout. En Suisse, 73% des employés considèrent ainsi que les processus de travail au sein leur entreprise favorisent une bonne collaboration. Ils sont 67% à estimer que leur employeur devrait consacrer encore plus de temps à améliorer le travail en équipe! Il semble aussi que les équipes interdisciplinaires travaillent mieux que les groupes composés
de membres aux compétences trop similaires.

 

Pour ou contre les open space
Si le travail en open space est devenu la norme en Europe, il ne satisfait pas tout le monde. D'abord, cette manière de concevoir la vie au travail est davantage anglo-saxonne: 73% des Britanniques travaillent en bureaux paysagés. Les Français,eux, ont longtemps traîné les pieds. Il a fallu attendre les années 1970 pour qu'ils construisent des tours de bureaux et les années 2000 pour qu'ils se mettent aux surfaces décloisonnées. Ils sont encore nombreux à lister les inconvénients de celles-ci, comme le stress et le sentiment désagréable de travailler tout le temps sous «I'ceil de Moscou»: «L'open space est à la fois l'aménagement le plus prisé des managers et le plus contesté par les employés», résume la sociologue Thérèse Evette. Il s'agit comme toujours d'une question de mesure. Si l'open space est véritablement aménagé pour favoriser l'ouverture, l'échange et la collaboration, le travail d'équipes en sortira gagnant. En revanche, si le seul but consiste à augmenter au maximum la rentabilité, ce serait un faux calcul.

  

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